Unit4
Blog
DSI entreprise digitale presence comex

Les DSI doivent-ils être présents au Comex ?

Posté(e) par  Esther Edelstein

Il y a quelques semaines, nous nous interrogions sur les impacts majeurs du digital sur le métier de DSI (Directeur des Systèmes d’Information) et la DSI (Direction des Systèmes d’Information) en tant qu’organisation dans l’entreprise ; un article à lire sur le blog Unit4.  

L’ère digitale conduit les DSI à développer leur vision transversale des enjeux business et à renforcer leur dimension Conseil. Ils évoluent ainsi vers un nouveau rôle plus stratégique et contribuent à construire l’entreprise plus agile de demain. Se pose alors naturellement la question de savoir si les DSI devraient être présents aux comités exécutifs(« COMEX ») ?  

Car si les entreprises sont bien conscientes de l’importance du digital dans leur stratégie - en témoigne les postes de CDO (Chief Digital Officer) de plus en plus nombreux - on estime, selon les études, que seulement 1 entreprise sur 4 a intégré son DSI au COMEX. 

Or la 1ère responsabilité d’un Comité Exécutif est bien de décider et piloter la stratégie de l’entreprise. On découvre donc une véritable dissonance : quasiment toutes les entreprises veulent intégrer le digital dans leur stratégie et leurs business models mais très peu décident d’intégrer au COMEX le DSI qui a pourtant la vision transversale des processus d’un point de vue métier et informatique. Alors, pourquoi rencontrons-nous cette situation ? 

 

L’évolution du métier de Directeur des Systèmes d’Information 

 

Dans les faits, les DSI ont désormais un rôle beaucoup plus important dans l’entreprise qui va bien au-delà de leur fonction support historique. 

Le métier de DSI a beaucoup évolué ces dernières années. En plus d’assurer une fonction cruciale, « faire en sorte que l’informatique tourne parfaitement », ils ont vu certaines de leurs responsabilités énormément changer :  

  • Augmentation des contraintes liées à la sécurité suite au phénomène de « Shadow IT » et à la nécessité d’ouvrir de plus en plus le Système d’Information à l’extérieur.  

  • Pression sur les budgets et développement de leurs compétences de contrôle de gestion. 

  • Digitalisation du business qui les amène à devoir mieux appréhender la gestion de la relation client dans les outils informatiques. 

  • Nécessité d’intégrer de plus en plus d’outils collaboratifs pour développer la synergie entre les différents services et optimiser les processus internes.  

Pris en étau entre le devoir d’innover de façon stratégique pour satisfaire les métiers tout en restant le garant du bon fonctionnement d’un système d’information à l’architecture de plus en plus complexe, le DSI joue un rôle multidimensionnel de plus en plus complexe au cœur de la transformation digitale.  

Il est au cœur des risques car aujourd’hui, si l’informatique s’arrête, c’est souvent toute l’entreprise qui s’arrête. Il est aussi au cœur de la construction de l’entreprise agile et productive de demain car c’est lui qui fait évoluer de manière cohérente le système d’information pour répondre aux nouveaux usages digitaux.  

Si l’entreprise en demande autant à son DSI, elle ne peut que reconnaître son rôle de plus en plus important et stratégique et, dans ce cas, si elle souhaite accélérer sa transformation digitale, il devient évident qu’elle doit intégrer cette fonction clé dans ses organes de décision. 

 

Pourquoi intégrer le DSI au COMEX ? 

 

Les entreprises qui intègrent leur DSI au COMEX ont enfin dépassé cette divergence dogmatique entre le DSI qui estimait pourvoir fortement contribuer à la stratégie de l’entreprise et les autres cadres dirigeants qui ne partageaient absolument pas cette vision et ne voyaient dans le DSI que le responsable des opérations informatiques. Dans ces entreprises, le DSI est enfin parvenu à convaincre des bénéfices de sa vision transversale du système d’information et des processus. 

Les entreprises qui ont intégré leur DSI au COMEX se sont posées les bonnes questions : l’informatique est-elle constituée uniquement d’outils pour les fonctions support ? Ou est-ce que l’informatique, et par extension le digital, rentrent vraiment dans la chaîne de valeur ? Quelle est l’importance du système d’information dans le développement et la performance de l’entreprise ? 

En effet, si le système d’information joue un rôle stratégique dans le business comme par exemple si un canal de distribution de l’entreprise est purement informatique (site e-commerce, extranet de services partenaires ou même clients, etc.), l’entreprise a tout intérêt à intégrer le DSI au COMEX pour qu’il participe en amont aux discussions d’évolution des business models afin de mieux piloter l’impact sur l’architecture informatique.  

Mais le DSI doit alors se positionner au sein du comité exécutif comme un cadre dirigeant et renforcer sa dimension stratégique : il doit anticiper les évolutions des besoins internes au regard des innovations technologiques externes pour conseiller ses pairs, il doit exposer les budgets informatiques sous des angles de ROI (Retour sur Investissement). Il apparaîtra ainsi auprès des autres membres du COMEX comme celui qui peut accélérer les avantages compétitifs de l’entreprise grâce aux évolutions du système d’information et à la digitalisation de l’entreprise. 

Et l’on touche ici à la dimension personnelle et humaine du DSI qui doit développer une nouvelle posture pour légitimer sa participation. 

 

Quels sont les freins qui subsistent ? 

 

A les entendre, il s’agit principalement de la vision historique de « responsable opérationnel et technique » qu’ont les autres cadres dirigeants de leur fonction. A cela s’ajoute souvent l’aversion qu’ont ces derniers pour la complexité technique qui les a souvent conduits à représenter l’informatique au COMEX à travers le Directeur Financier. Et l’on voit que cette vision perdure car, conscients de la valeur du numérique pour l’entreprise, ils préfèrent parfois intégrer un nouveau poste de CDO (Chief Digital Officer) mais sans pour autant lui donner plus d’autonomie sur son pouvoir de décision. 

Le métier de DSI intègre évidemment un rôle opérationnel de gestion des ressources internes et des relations avec les prestataires externes. Il est ainsi un responsable de service assurant, entre autres, une fonction support. Mais n’est-ce pas le cas de certains autres cadres dirigeants également ? Le Directeur Financier est certes aux commandes des ressources financières mais il n’en reste pas moins un responsable de service chargé de l’opérationnel en administratif et comptabilité par ailleurs. 

La vraie question est celle que nous posions au départ : si l’informatique n’entre pas dans la chaîne de valeur de l’entreprise ou qu’elle n’apporte pas d’avantage compétitif, alors le DSI n’a pas sa place au COMEX. Mais est-ce qu’il y a encore beaucoup d’entreprises dans ce cas-là ? Et l’on peut se poser la question de savoir si l’entreprise qui n’intègre pas le DSI au comité exécutif ne serait pas en train de prendre du retard dans sa transformation digitale ? 

 

Car ce qui est réellement important, c’est de réussir la digitalisation de l’entreprise. Or cette construction nécessite que l’architecture de son système d’information soit évolutive, agile et focalisée sur le business. Cela paraît compliqué de vouloir piloter une telle orientation stratégique en considérant la DSI uniquement comme une fonction support.  

Aujourd’hui, les DSI deviennentcomme les DAF, de véritables Business Partner de la stratégie de l’entreprise ; ils contribuent de plus en plus au développement et à la croissance de l’entreprise. Pour en savoir plus sur le rôle clé que jouent les DSI au cœur de la révolution numérique, téléchargez notre Ebook.

 

 

N'hésitez pas à nous suivre sur Linkedin et Twitter !

 

                 

Esther Edelstein

 

 

Suivre linkedin