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réforme du Bac et digitalisation de l’éducation

La réforme du Bac est-elle une opportunité de réinventer l’éducation par la digitalisation ?

Posté(e) par  Cyril PEREZ

Ces dernières années, les progrès dans le numérique ont créé des mutations en termes d’usage et d’attitude. Selon cette étude de l’ARCEP, tous les usages numériques progressent en France. Cependant, ces évolutions technologiques n’ont pas profondément impacté le système éducatif. Parmi les réformes en chantier dans le secteur de l’éducation, celle du bac induira des changements majeurs en termes de pratiques pédagogiques. L’intégration des ressources numériques ou encore les nouvelles modalités d’évaluation changeront les méthodes d’enseignement et d’apprentissage, affectant ainsi les enseignants, lycéens et autres acteurs concernés.

« Un nouveau baccalauréat pour construire le lycée des possibles » ; c’est la nouvelle vision du gouvernement pour le BAC à l’horizon 2021. Désormais, les candidats au BAC seront évalués avec quatre épreuves écrites. Le contrôle continu sera encore plus renforcé et l’oral sera davantage valorisé. Cependant, l’exécution efficace de toutes ces idées, nécessite de relever différents défis. En effet, cette réforme du BAC touchera principalement la génération des « digital natives ».  Ces derniers ayant grandi dans un environnement numérique, la réforme devra inévitablement être accompagnée d’une transformation numérique très attendue. Pour cela, le pouvoir exécutif devrait être à même de définir des objectifs concrets comme la Région Île-de-France qui souhaite connecter 100% des lycées au très haut débit à l’horizon 2020.

Un modèle éducatif numérique en France

Les gouvernements successifs ont tous, jusqu’à ce jour, évoqué leur souhait de faire de la réussite pour tous, une réalité. Pour cela, des efforts d’allocation budgétaire et d’intégration du numérique ont été faits ; mais les résultats attendus en termes de réussite et de favorisation des parcours individuels semblent ne pas être atteints. Grâce aux avancées technologiques évoquées plus haut, la « consommation à la demande » est devenue une habitude et remet en cause le modèle éducatif traditionnel basé sur le traditionnel face à face entre l’enseignant et les apprenants avec des contenus pédagogiques identiques et une même unité de temps. Force est de constater que le secteur de l’éducation peine à se restructurer pour entrer de plein pieds dans l’ère digitale.

N’est-il pas temps de donner au numérique la même importance qu’au manuel ou au tableau des salles de classe ? Grâce au numérique, il est possible d’établir des parcours à la carte ainsi qu’un système personnalisé d’évaluation permettant à l’apprenant de suivre ses progrès, solliciter ses tuteurs, ou même proposer des ressources complémentaires qu’il aurait lui-même expérimentées.

Digitaliser l’éducation : innovation possible ou utopie ?

La digitalisation de l’enseignement est-elle invraisemblable ? Non, puisque de nombreux établissements expérimentent déjà les méthodes évoquées ci-dessus ; même si elles restent sous-exploitées. Grâce au numérique, il sera possible de créer des communautés de lycéens dans les établissements, de personnaliser pour chaque apprenant les messages selon son parcours et ses projets futurs. Ainsi, tout un nouveau modèle éducatif basé sur les solutions logicielles existantes, peut-être mis en place pour transformer le lycée en un lieu de rencontre où les élèves prendront plaisir à apprendre de manière plus ludique à travers de nouveaux types d’interactions avec leurs camarades et enseignants. Un tel environnement d’apprentissage permettra d’être attentif à l’apprenant, de réagir systématiquement à ses besoins et de favoriser son épanouissement global et par ricochet sa réussite scolaire.  Le numérique peut aussi être un moyen de démocratiser l’accès à la connaissance afin de permettre aux élèves socialement défavorisés de surmonter les barrières qui pèsent sur eux.

Des évaluations scolaires numériques

L’idée d’attribuer 2/5 des évaluations au contrôle continu pose aussi la problématique d’une évaluation équitable. Il faut pouvoir mettre en place des normes qui garantissent une évaluation juste. La digitalisation peut contribuer à relever ce défi. A ce jour, certaines évaluations sont déjà réalisées sur « tablette numérique ». La dématérialisation de certaines épreuves de concours est actuellement effective et permet d’assurer une correction anonyme, rapide et décentralisée. Les possibilités en termes d’évaluation se multiplient grâce aux outils numériques. La vidéoconférence permettra que des équipes pédagogiques d’une région se chargent d’évaluer des apprenants d’une autre région. Il serait aussi aisé d’implémenter des corrections dématérialisées des copies ou des QCM. Au cours de l’année scolaire, les copies virtuelles pourraient même être corrigées par plusieurs enseignants en suivant ce modèle déjà expérimenté en Suède. Cela permettrait d’avoir des moyennes comparables.

Digitaliser l’apprentissage de l’expression orale

Un autre défi est celui de l’amélioration du niveau d’expression orale grâce à un grand oral en fin de parcours. Mais sur une séquence d’une heure qui pourrait être dédiée à cet exercice, très peu d’élèves pourront s’exprimer. Le numérique leur permettrait d’enregistrer leurs exercices et les commenter ensuite avec le professeur. Grâce à des outils de vidéoconférence, les élèves pourraient aussi réaliser leurs évaluations à distance ou se connecter à d’autres groupes pour s’inspirer des conseils et orientations donnés par des enseignants dans d’autres lycées.

Le grand oral implique aussi un mode de travail interdisciplinaire ; puisque l’oral se pratique dans toutes les disciplines : philosophie, sport ou même le travail collaboratif et l’apprentissage via les plateformes dédiées… D’autres outils numériques ou pratiques modernes, tels que les applications web/mobile, le streaming vidéo et les projets à court terme, peuvent favoriser le développement des compétences d’art oratoire et de prise de parole en public. De plus, de nouvelles initiatives (comme une pédagogie par projet triennal) peuvent être implémentées dans le but d’enseigner le travail collaboratif. Grâce au numérique, il serait aussi possible de consacrer davantage de temps et de ressources aux apprenants en difficulté.

En résumé, le numérique peut faciliter l’apprentissage et doit être considéré comme un des piliers de la réforme du bac. La pédagogie peut évoluer vers une pédagogie de projet qui valorise la compétence plus que le savoir et s’appuie sur le numérique pour diffuser les connaissances fondamentales et contrôler les compétences. Des ressources numériques mieux intégrées dans les lycées, assimilées par les enseignants et les élèves, permettront à ces derniers de se reconnaître dans ces nouvelles pratiques et favoriseront leur implication et leur réussite.

 

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Cyril Perez

Cyril PEREZ

Après huit années passées au Maroc dans le cadre de la création et du développement de l'Université Internationale de Rabat, Cyril a rejoint les équipes Unit4 pour apporter son expérience du secteur de l'éducation.

Basé à la Défense en région parisienne, il est principalement en charge de la gestion des projets d'intégration du logiciel de gestion de l'enseignement supérieur "Unit4 Student Management".

Cyril partage son expérience du secteur de l'éducation avec les établissements de l'enseignement supérieur. Il les accompagne dans l'intégration du numérique afin qu'ils puissent consacrer l'essentiel de leurs ressources à l’innovation pédagogique et à la recherche.

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